2009/04/29
Après l’émerveillement d’un tableau
Voir, en IKEA, un tableau : portrait reproduction d’Audrey Hepburn. Ralentir ses pas élancées. S’évader pour quelques instants de la liste des courses. Juste pour contempler le regard de l’actrice mythique même si on n’a rien vu de sa filmographie. Son portrait est fabriqué des imprimes noires sur une toile blanche. La finesse de sa main et la magnificence des contours de son visage sont pourtant présentes. Audrey Hepburn émet toujours la grâce et la gracieuseté de la beauté humaine dans ce minuscule salon, arrangé et improvisé dans les halles du magasin. Et depuis, avoir un désir constant de chercher un film avec la présence d’Audrey. Quel étonnement merveilleux à la vue du premier CD à l’entrée de la bibliothèque deux jours plus tard. De l’enveloppe de The Children’s Hour, le regard lumineux et la pureté splendide de l’ovale du visage de l’actrice vient à ma rencontre. Où qu’on soit, Audrey Hepburn sera toujours Audrey Hepburn. C’est fascinant quand, pour quelques instants, la beauté des mythes éternels effleure notre quotidien. Tout a commencé en IKEA et s’est poursuivi à la bibliothèque, mais le secret de l’émerveillement demeure dans nos âmes et dans nos yeux.
2009/04/24
Avant d’arriver à la maison
Le monde est vraiment bien coloré même tard le soir dans les wagons des derniers métros.
Les deux jeunes hommes ne se gênent pas de se tenir les mains. Ils ont l’air sympa et paisible. Ils s’assoient au siège double et poursuivent l’écoute de leur mélodie en sortant leur IPod commun. Un peu à part, sur le siège près des portes est installé un autre homme dont les habits démontrent un style de vie rebelle et particulier. L’une de ses chaussures et colorée en vert claire et l’autre, en violet foncé. Son manteau du cuir est parsemé des emblèmes et des messages évoquant la paix, l’amour, la liberté.
Dans le côté opposé du wagon, un soldat en uniforme vert kaki rentre probablement des entraînements et des derniers préparatifs avant de partir en mission. A ses pied repose un immense sac tout neuf, vert kaki lui aussi. C’est aussi un jeune homme. Son regard est pensif mais pas fatigué. Il reste concentré quelques instants sur la femme du siège voisin. Tout le temps, elle lit consciencieusement des pages d’un épais dossier. Contrairement à ce dossier, les bas, moulant les lignes de ses jambes, sont légers et transparents.
Tout se monde va bientôt trouver l’abri pour son sommeil : prometteur d’un nouvel commencement peut - être.
Les deux jeunes hommes ne se gênent pas de se tenir les mains. Ils ont l’air sympa et paisible. Ils s’assoient au siège double et poursuivent l’écoute de leur mélodie en sortant leur IPod commun. Un peu à part, sur le siège près des portes est installé un autre homme dont les habits démontrent un style de vie rebelle et particulier. L’une de ses chaussures et colorée en vert claire et l’autre, en violet foncé. Son manteau du cuir est parsemé des emblèmes et des messages évoquant la paix, l’amour, la liberté.
Dans le côté opposé du wagon, un soldat en uniforme vert kaki rentre probablement des entraînements et des derniers préparatifs avant de partir en mission. A ses pied repose un immense sac tout neuf, vert kaki lui aussi. C’est aussi un jeune homme. Son regard est pensif mais pas fatigué. Il reste concentré quelques instants sur la femme du siège voisin. Tout le temps, elle lit consciencieusement des pages d’un épais dossier. Contrairement à ce dossier, les bas, moulant les lignes de ses jambes, sont légers et transparents.
Tout se monde va bientôt trouver l’abri pour son sommeil : prometteur d’un nouvel commencement peut - être.
La lumière qui afflue sur les pages
Se laisser du coup à la lumière qui se glisse sur les pages du livre lu.
Apparemment, on est seul avec son livre et on n’entend que ses pensées : des phrases réfléchissant la lecture. Mais la lumière changeante (pâle, puis trop intense) se faufile par les vitres des fenêtres et afflue sur les pages. On n’est pas seul lors de cette lecture. On est sollicité par cette lumière. Le monde autour de nous est vivant : rempli des présences, parfois à peine saisissables, parfois lumineusement flagrantes. Aujourd’hui, la lumière est désireuse de lire notre livre. Elle continue de glisser sur les pages, imprégnées des sens à découvrir. Le soleil baisse et se fait plus discret avant de nous baigner dans des éclats éblouissants. On peut fermer les yeux et continuer de sentir son jeu des flux lumineux sur nous et ce livre, reposant sur nos genoux.
Apparemment, on est seul avec son livre et on n’entend que ses pensées : des phrases réfléchissant la lecture. Mais la lumière changeante (pâle, puis trop intense) se faufile par les vitres des fenêtres et afflue sur les pages. On n’est pas seul lors de cette lecture. On est sollicité par cette lumière. Le monde autour de nous est vivant : rempli des présences, parfois à peine saisissables, parfois lumineusement flagrantes. Aujourd’hui, la lumière est désireuse de lire notre livre. Elle continue de glisser sur les pages, imprégnées des sens à découvrir. Le soleil baisse et se fait plus discret avant de nous baigner dans des éclats éblouissants. On peut fermer les yeux et continuer de sentir son jeu des flux lumineux sur nous et ce livre, reposant sur nos genoux.
2009/04/06
Les muettes annonçant la fin de l’hiver
Les cris des muettes sont revenus déjà dans cette terre où l’hiver recule lentement. Les muettes ici, près des arbres encore dénudés, évoquent l’image d’une mer, même une mer éloignée et imaginaire. Les muettes, dans notre terre froide, font la mer émouvante. On imagine qu’un jour, cette mer sera atteignable.
2009/04/03
Boucles d’oreilles – plumes de paon
Elle avait choisi ses boucles d’oreilles pour cet après – midi, annonçant déjà le printemps.
Des boucles d’oreilles, très différentes de celles portées tout au long des saisons précédentes. Deux plumes de paon s’entremêlaient gaiement avec les cheveux bouclés. Oui, ce jour tellement lumineux, les plumes de paon représentaient des bijoux. Partout, l’air évoquait l’espoir. Et l’espoir naissait des couleurs des boucles d’oreilles – plumes de paon.
Des boucles d’oreilles, très différentes de celles portées tout au long des saisons précédentes. Deux plumes de paon s’entremêlaient gaiement avec les cheveux bouclés. Oui, ce jour tellement lumineux, les plumes de paon représentaient des bijoux. Partout, l’air évoquait l’espoir. Et l’espoir naissait des couleurs des boucles d’oreilles – plumes de paon.
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Insouciant,
Nous parmi les objets,
Printemps
2009/04/02
Les posseseurs de l'amour
Ils s’embrassaient. Elle était adossée au mur et il la couvrait avec son corps. Leurs mains étaient entrelacées et leurs bouches les plongeaient l’un dans l’autre.
C’était dans l’immense corridor du métro, à l’heure de la plus grande circulation du soir. Les gens passaient près d’eux ; certains les fixaient du regard, d’autres les dépassaient sans en prêter aucune attention. Les deux amoureux demeuraient enlacés. Leurs êtres dessinaient un amour émouvant et interminable.
Pourquoi s’exposaient – ils ainsi? Pourquoi ne pas s’aimer ailleurs? Pourquoi exhiber autant l’émotion précieuse?
S’étaient – ils embrassés après une longue attente ? S’étaient – ils entrelacés après une dispute houleuse ? S’étaient – ils finalement retrouvés ?
Ils étaient visibles pour les passants. Mais le monde s’était estompé pour eux: les deux seuls possesseurs de cet amour brûlant, essoufflant et vivifiant au milieu du corridor terne du métro.
C’était dans l’immense corridor du métro, à l’heure de la plus grande circulation du soir. Les gens passaient près d’eux ; certains les fixaient du regard, d’autres les dépassaient sans en prêter aucune attention. Les deux amoureux demeuraient enlacés. Leurs êtres dessinaient un amour émouvant et interminable.
Pourquoi s’exposaient – ils ainsi? Pourquoi ne pas s’aimer ailleurs? Pourquoi exhiber autant l’émotion précieuse?
S’étaient – ils embrassés après une longue attente ? S’étaient – ils entrelacés après une dispute houleuse ? S’étaient – ils finalement retrouvés ?
Ils étaient visibles pour les passants. Mais le monde s’était estompé pour eux: les deux seuls possesseurs de cet amour brûlant, essoufflant et vivifiant au milieu du corridor terne du métro.
2009/03/30
Un vol à suivre
Même s’il fait encore froid, ces matins de la fin de mars, il y a un sens de se réveiller tôt et de sortir au dehors. Si on dresse son regard vers le ciel matinal, on peut voir le vol des oiseaux migrateurs revenant chez nous. La ligne de leur vol est parfaite…Et ils volent ainsi des milliers de kilomètres pour faire revivre l’esprit de ce printemps.
2009/03/26
Dessiner sa famille - ce que les dessins d'enfants nous disent
Jasmie a 4 ans. La proposition de l’institutrice est que les enfants de son groupe dessinent leur famille. Jasmie hésite longtemps avant d’entamer son image. Puis, elle s’élance dans les lignes, les cercles et les spirales nombriliques avec lesquels sa feuille se remplit. L’institutrice se promène près des enfants et observe leurs créations. Elle les encourage à lui raconter l’histoire de leur oeuvre. Elle connaît la famille de chacun, mais la perception et la représentation de l’enfant s’avèrent intéressantes et révélatrices des désirs ou des conflits cachés. Les dessins aideront les enfants à les exprimer et à s’en libérer. L’institutrice sait que Jasmie a un frère, son aîné de 4 ans. Pourtant, ce frère manque constamment des portraits familiaux de Jasmie. La petite fille ne se dessine qu’elle- même entourée de sa mère et de son père. Cette fois, l’institutrice ose questionner Jasmie :
- Et, alors, Jasmie, c’est cela ta famille ?
La petite fille acquiesce avec sa tête en poursuivant le coloriage des pantalons de son père.
- Et Hector n’est pas là ? reformule sa question l’institutrice pour comprendre mieux.
- Non. Hector n’est pas là. Il est à son école. C’est moi qui est avec maman et papa. Et tous les chocolats vont être pour moi. Regarde…On est content.
L’institutrice croit en saisir un peu plus. Sur son dessin, Jasmie dessine un idéal qu’elle convoite : seule à la maison avec ses parents, en pleine possession de leur attention et de tous les chocolats. En réalité, elle devrait « partager » maman, papa et les chocolats avec son frère qui domine sans doute la situation. Mais le dessin est le territoire imaginaire par excellence où la petite fille expose, vit et transmet ses désirs tels qu’ils sont.
L’institutrice encouragera Jasmie à offrir le dessin à sa maman cet après – midi.
- Et, alors, Jasmie, c’est cela ta famille ?
La petite fille acquiesce avec sa tête en poursuivant le coloriage des pantalons de son père.
- Et Hector n’est pas là ? reformule sa question l’institutrice pour comprendre mieux.
- Non. Hector n’est pas là. Il est à son école. C’est moi qui est avec maman et papa. Et tous les chocolats vont être pour moi. Regarde…On est content.
L’institutrice croit en saisir un peu plus. Sur son dessin, Jasmie dessine un idéal qu’elle convoite : seule à la maison avec ses parents, en pleine possession de leur attention et de tous les chocolats. En réalité, elle devrait « partager » maman, papa et les chocolats avec son frère qui domine sans doute la situation. Mais le dessin est le territoire imaginaire par excellence où la petite fille expose, vit et transmet ses désirs tels qu’ils sont.
L’institutrice encouragera Jasmie à offrir le dessin à sa maman cet après – midi.
Les briques magiques dans les yeux d'un enfant qui attend
Dans la salle d’attente de la clinique médicale, les enfants deviennent de plus en plus impatients. Ils ne s’intéressent plus ni à leur livres, ni à leurs coloriages, ni aux mots doux de leurs parents. Le brouhaha tout autour les fatigue et les énerve. L’ennui dure jusqu’à ce qu’un petit garçon s’aperçoit au mur d’à côté : un mur imitant des briques rouges, blotties l’une contre l’autre infailliblement. L’enfant se dirige vers ce mur, pose sa main sur l’une des briques représentées et demande à sa mère : « Comment on peut trouver la brique magique, maman ?...C’est comme le mur de Harry Potter.., le mur qui s’ouvre vers le train magique ! » L’enfant demeure épaté devant sa découverte. Il tente de découvrir la brique magique sur le mur dans cette salle d’attente en tâtonnant tout au long des briques dessinées.
La maman, contente que son fils soit sorti de l’ennui commun, l’encourage : « Essaye toutes les briques, mon chéri, tu va trouver la bonne… » Puis, elle regarde vers le cabinet de l’infirmière avec un désir évident que leur tour vienne avant l’épuisement de la magie.
La maman, contente que son fils soit sorti de l’ennui commun, l’encourage : « Essaye toutes les briques, mon chéri, tu va trouver la bonne… » Puis, elle regarde vers le cabinet de l’infirmière avec un désir évident que leur tour vienne avant l’épuisement de la magie.
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2009/03/25
Le 25 mars - Annonciation
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Avez – vous jamais pensé pourquoi il y a des pots de fleurs et de grandes plantes vertes près des autels ou au pied des statues des Saints aux cathédrales ?
La prochaine fois, quand vous franchirez le seuil d’une cathédrale ou d’une église, prêtez-y attention. Les fleurs et les plantes, avec leurs branches poussantes, sont vraiment là : comme une confirmation de la vie même (malgré le silence des statues que nous ne comprenons pas toujours).
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