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2010/11/15

La famille

Dans mon rêve, quelqu’un m’offrit deux pierres – une grande et bien lourde et une plus petite, représentant l’outil pour travailler la première. Il fallait endurer le long travail manuel ; faire de grands efforts et ne pas abandonner l’outil pour tailler la grande pierre. Je savais que je devrais travailler sans lâcher prise peu importe la douleur pénétrant mes mains, exténuant mes muscles, tendant à l’extrême mes veines. Je devais surmonter cette douleur et continuer à tailler, tailler sans cesse la grande pierre.
Du coup, j’aperçus les contours des silhouettes humaines sur la surface au-dessous la poussière pierreuse. La grande pierre se transforma peu à peu en une statue monumentale. Cette statue représentait le corps dressé d’un homme, près de lui celui d’une femme et, près d’eux, blotti celui d’un enfant. Cette image de la famille aurait probablement toujours existée, profondément empreinte sur le fond de la pierre. Mais les efforts et le dur travail étaient indispensables pour la révéler.
Une étrange voix annonça que la famille était une évidence, mais en même temps un travail dévoué et constant… Juste comme le travail des pierres dans ce rêve. Ces pierres qui gardaient leurs profonds secrets et qui ne les dévoilaient grâce aux efforts persistants.
C’est aussi cela découvrir et construire jour après jour une famille – c’est comme tailler la grande pierre avec la petite pierre.
Le bonheur sera toujours là – au dessous la poussière.

2010/07/26

Sur la plage Inverness du Cap- Breton

La plage est parsemée des cailloux divers. Certains sont parfaitement blancs, d’autres absolument noirs ; il y en a aussi presque de toutes les couleurs, joliment polis par l’eau millénaire et déversés sur le bord comme ultime offre de l’océan pour les humains qui l’approchent.

J’ai envie de laisser une trace sur cette plage dans cette journée pas tellement ensoleillée mais romantique à sa manière. Nous n’avons pas le temps de faire un château du sable. J’ai juste quelques instants pour ramasser des cailloux et d’en former une famille imaginaire en les arrangeant l’un près de l’autre. Instinctivement, je commence par la figurine de l’homme/père.

J’ajoute près de lui la figurine de la femme/mère.

Et je compose finalement celle de leur enfant.

Voilà ma famille représentée par les cailloux ramassés sur la plage d’Inverness. Tu la prends en photos.

Je te demande si nous devons ramasser les cailloux – bonhommes et les prendre avec nous. Les prendre comme un souvenir de cette plage et de ses petits trésors.
Tu me dis que je n’ai pas besoin de le faire…Qu’il suffit que je les aie déjà reliés l’un avec l’autre en leur donnant l’image inspirante de cette famille imaginaire.
Ces bonhommes-cailloux nous deviennent chers. Nous les laissons sur le sable comme un cadeau de notre part à cet océan, comme une trace de notre arrêt et de notre amour ici. Sur la plage d'Inverness.

2010/07/21

Avoir une famille


Une femme calme et contemplative au bord de l’océan. Devant elle, son homme aimé jouant avec leurs enfants. Ils construisent ensemble des châteaux de sable et de forteresses de belles pierres. C’est cela le bonheur. On peut toujours désirer, mais désirer quoi ? N’a-t-on pas tout durant cet instant - là?

Partager la joie d' être avec ses enfants près de cet océan... Se sentir vivant plus que jamais dans sa vie...

2010/01/07

Faire amour avec les yeux

Faire amour avec les yeux ; faire amour en se regardant, ne qu’en se regardant, car l’autre est inimaginable, inatteignable, inconcevable. Je me réduits à mes yeux. J’essaye de te dire tout avec eux. Je suis mes yeux. Tu n’es que tes yeux. Tu plonges en moi. Je me laisse à toi, tout en soutenant la pesanteur de ta douleur, de cette impossibilité immense, insurmontable, qui nous enferme.
Faire amour avec les yeux.
Ne qu’avec les yeux…

La lumière derrière les fenêtres

C’est tellement important de voir la lumière allumée derrière les fenêtres de sa maison quand on y rentre…C’est tellement important qu’on sache que les êtres aimés y sont déjà rentrés ; que les êtres aimés y sont là – dedans et qu’il n’y a que quelques instants avant de les embrasser.

2010/01/02

Après la soirée féerique

Ce premier janvier, les moineaux chantaient dans les branches de l’arbre frêle près de la terrasse. Après, ils se sont envolés à la recherche de leurs quêtes – des miettes précieuses des plats festins des humains.
Le soleil, choisi pour aujourd’hui sa parure en jaune tendre, répandait sa brillance délicate et complice avec la brillance de la neige s’entassant doucement sur la terre.
Lors de la messe, le prête a dit que même si nous changions notre calendrier, nous ne recommencerions jamais du zéro. Il nous a aussi suggéré l’écoute du silence lorsque les hésitations tentent d’envahir le cœur.
Mon bracelet est enlevé de ma main ; posé sur la table de nuit, il tente de se reposer de la folie nocturne. Ses perles blanches gardent encore la mémoire de la magie ; de tes regards enflammés ; de tes yeux éperdus dans la passion désespérée, assoiffés de l’amour.

2009/11/03

Dans le lit des feuilles

Le jeune homme et la jeune femme avaient allongé leurs corps sur la terre, sur le lit tissé par les épaisses feuilles d’automne. Les feuilles protégeaient la terre et sauvegardaient sa chaleur. Les feuilles protégeaient les deux corps qui se fiaient à cette terre. Ces humains, ces amants et aimants, ne bougeaient pas. Ils avaient entrelacé leurs mains et contemplaient la lumière transperçant les nuages au dessus d’eux. Ils étaient en paix et en amour avec eux – mêmes, avec la lumière atteignant la terre, avec la terre enveloppée en douceur, avec la chaleur et la beauté des feuilles. Les feuilles n’étaient pas seulement des feuilles tombées, les feuilles étaient accueillantes et abritantes. Les feuilles étaient encore vivantes…

2009/10/23

Le plus beau cadeau

Entendre le souffle de la respiration de l’être aimé, tout endormi près de toi. Se glisser doucement à côté de lui pour que les courbes des corps s’harmonisent, se blottissent. Dans le silence de la nuit, écouter ce souffle de vie. Le sentir aussi, car le corps de cet être, tellement précieux, inspire et expire. Le plus beau cadeau de tous les cadeaux sur la terre, c’est la vérité de cette respiration.

2009/10/13

Je t'aime toujours

Après le départ des oiseaux, les nids sont demeurés blottis dans les cimes des arbres. Nous marchons silencieux sur le sentier couvert des feuilles dorées et nous contemplons la chaleur que les arbres émanent. L’air est frais, mais les couleurs vivantes et tendres de l’automne chauffent nos yeux. Cette chaleur atteint après nos intérieurs.
Dans cet automne éclatant, nous nous aimons toujours. Mon sourire rayonne sur ton visage. Mon sourire est là pour t’illuminer et pour rendre grâce à ta bonté (presque comme l’automne rend grâce à la terre pour la vie des arbres qui lui appartient maintenant). Je t’aime en rouge, en jaune, en orange, en vert – brun. Je t’aime toujours.

2009/04/24

Avant d’arriver à la maison

Le monde est vraiment bien coloré même tard le soir dans les wagons des derniers métros.
Les deux jeunes hommes ne se gênent pas de se tenir les mains. Ils ont l’air sympa et paisible. Ils s’assoient au siège double et poursuivent l’écoute de leur mélodie en sortant leur IPod commun. Un peu à part, sur le siège près des portes est installé un autre homme dont les habits démontrent un style de vie rebelle et particulier. L’une de ses chaussures et colorée en vert claire et l’autre, en violet foncé. Son manteau du cuir est parsemé des emblèmes et des messages évoquant la paix, l’amour, la liberté.
Dans le côté opposé du wagon, un soldat en uniforme vert kaki rentre probablement des entraînements et des derniers préparatifs avant de partir en mission. A ses pied repose un immense sac tout neuf, vert kaki lui aussi. C’est aussi un jeune homme. Son regard est pensif mais pas fatigué. Il reste concentré quelques instants sur la femme du siège voisin. Tout le temps, elle lit consciencieusement des pages d’un épais dossier. Contrairement à ce dossier, les bas, moulant les lignes de ses jambes, sont légers et transparents.
Tout se monde va bientôt trouver l’abri pour son sommeil : prometteur d’un nouvel commencement peut - être.

2009/04/02

Les posseseurs de l'amour

Ils s’embrassaient. Elle était adossée au mur et il la couvrait avec son corps. Leurs mains étaient entrelacées et leurs bouches les plongeaient l’un dans l’autre.
C’était dans l’immense corridor du métro, à l’heure de la plus grande circulation du soir. Les gens passaient près d’eux ; certains les fixaient du regard, d’autres les dépassaient sans en prêter aucune attention. Les deux amoureux demeuraient enlacés. Leurs êtres dessinaient un amour émouvant et interminable.
Pourquoi s’exposaient – ils ainsi? Pourquoi ne pas s’aimer ailleurs? Pourquoi exhiber autant l’émotion précieuse?

S’étaient – ils embrassés après une longue attente ? S’étaient – ils entrelacés après une dispute houleuse ? S’étaient – ils finalement retrouvés ?

Ils étaient visibles pour les passants. Mais le monde s’était estompé pour eux: les deux seuls possesseurs de cet amour brûlant, essoufflant et vivifiant au milieu du corridor terne du métro.

2009/03/09

Porter une alliance

« Une femme mariée a- t – elle le droit d’enlever son alliance quand elle doute ? » demanda Julie à son amie.
« Tu as le droit, ma chère, mais tu verras que tu la chercheras…Tes autres doigts se plieront et l’index frôlera l’endroit nu et dépourvu du métal… »
« Ce métal peut – il renforcer ma foi en moi – même ? »
« …Enlève – le pour comprendre alors ! »

Le blanc et le noir en une femme

Son goût est particulier. Souvent, elle étonne avec ses habits en couleurs foncées : blouse, jupe, collant en noir impeccable. Et pourtant, le manteau qui l’enveloppe est toujours en blanc immaculé. Ajoutez à cela des gants en cuir blanc et un rouge à lèvres carmin et devinez sa personnalité. Si seulement, on pourrait voir le titre de son livre…Mais le titre échappe toujours. La délicatesse des gestes, manipulant le livre, emportent le regard de l’observateur curieux que vous êtes près d’elle.

2009/02/13

Les choses immuables

La jeune femme avait perdu son amour : son aimé, son amant. C’était sa décision à lui de partir. Et il était parti quelques jours avant la Saint - Valentin. La vie s’était déchirée. Mais la jeune femme s’efforçait de travailler d’une manière appliquée à son bureau. Les matins, elle coiffait soigneusement ses cheveux et choisissait des habits colorés comme auparavant. Pourtant, elle n’avait plus envie de se maquiller. Et cette jour – là, la dernière journée de sa semaine pénible, elle essayait d'accomplir plusieurs tâches: terminer l’article, réviser un autre texte important, rédiger les courriers. En travaillant, elle réalisait que la course de la vie affluait ; il y avait un tas de choses et d’événements qui étaient permanents. Il fallait les résoudre et s’en occuper à l’instant présent. Le monde, l’existence, les bruits, les reflets de la lumière, les paroles tout autour, tout était comme immuable malgré l’écrasement dans son cœur.
Tentant une réconciliation quelconque, la jeune femme voulait ne pas juger trop celui qui avait pénétré avec rudesse et brusquerie sa vie, et parti après. Au moins, il n’avait pas menti ; il n’avait pas fait semblant. Il était resté juste le temps du désir. Si le désir s’était envolé, personne n’aurait pu l’accuser.
Tout ce qu’elle pouvait faire était de rester concentrée sur son travail jusqu’à la fin de la journée. L’une de ses collègues lui demandait l’adresse de la boutique ouverte récemment et proposant la lingerie la plus insolente dans la ville. Gardait – elle encore l’adresse de cette boutique ? Elle devait vérifier. Elle sourit à sa collègue. Et la dernière demanda : « C’est chaque jour que tu écris avec le même stylo, ma chère ? Il va tellement bien à ton style. Comme s’il t’inspire des idées… »
Elle regarda son stylo noir : un parfait MontBlanc, offert par celui qui n’était plus…Oui, elle avait pris l’habitude d’écrire chaque jour, au moins 10 minutes, avec ce stylo dans son agenda. Elle aimait toucher sa surface polie et lui fier sa pensée. Elle aimait glissait avec lui sur le papier et abandonnait sa main aux mouvements rythmiques de l’écriture. Le stylo et son encre noire, déversée sur la page, lui rappelèrent l’homme déversant l’énormité de sa passion sur son corps frêle.
Oui, il y avait des choses immuables. Apparemment immuables. Et cela, malgré les abandons.

2009/02/05

Tout ce que tu es...

Je suis ces deux nids, remplis de neige.
Tu es ce moineau, qui y plonge.

Après, ton vol se poursuit jusqu’à la rivière gelée.
Tu te rends sous sa surface glacée.
Tu as ce pouvoir d’atteindre la vie.

Tu es cette plume longue, très douce.
La plume, soufflée par le vent, portée par l’air,
atterrie à l’intérieur d’un tiroir secret.
Le tiroir, c’est moi.
Je t’enferme, toi – plume, en secret.

Tu es une pierre précieuse. Tes éclats sont lilas.
Je suis l’autre pierre. Mes éclats sont vert – émeraude.
Mes couleurs fondent au creux des tiennes.

Je suis le château enchanté, ensorcelé, plongé dans le noir.
Tu es le magicien franchissant mon seuil.
Une fois là,
tout en moi s’illumine.
Le porteur des lueurs, c’est toi.

Nous sommes ces deux traîneaux,
dévalant bravement la neige.

2009/01/06

La joie de l'hiver

Les matins sont toujours froids. Il fait quelques degrés au dessous le zéro. Mais la petite fille sort avec sa maman et son papa de leur maison. Jusqu’à ce que l’homme s’occupe du nettoyage de la voiture et de la neige tout autour, la femme tient une petite pelle, fabriquée pour les enfants, et montre à sa fille comment s’en servir. La maman prend un peu de neige, puis la soulève gaiement et la neige s’éparpille devant elles en poudre floconneuse. La petite fille rit en suivant les mouvements de sa mère. L’enfant est heureuse de pouvoir manipuler elle aussi la petite pelle et de jouer avec sa neige. Ses parents s’occupent du reste pour que la voiture démarre. Il y a la joie dans les yeux de tous. La poudre neigeuse frôle la peau des joues et atterre sur la laine des chapeaux. Une fois sortis au dehors, ils ne sentent pas les piqures du froid, mais la joie de l’hiver.

2009/01/04

Tu sais qu’il est…

Vous avez des disputes graves. Et pourtant! Lors de vos promenades au bord de la rivière, quand tu vois son regard admirant les chiens qui nagent sans fatigue pour atteindre les bâtons lancés par leurs maîtres, tu te rends compte de ton amour pour lui. Tu aimes la manière dont il parle pour les chiens. Tu aimes la concentration de son regard. Même il te semble qu’il y a une bonté inépuisable en lui. Ce n’est pas grave que cette bonté ne t’est pas toujours destinée.
Tu es en attente qu’il t’arrose des jets de l’eau chaude toute suite après que tu le rejoignes sous la douche. Tu aimes tellement l’eau chaude sous la douche.
A la sortie de la piscine, il t’approche et il couvre ton corps avec le sien, le tout mouillé. Il le fait pour éveiller tes sens et pour que tu protestes en riant.
Il t’accompagne aux musées. Malgré que la fatigue le prenne au milieu de l’exposition et malgré qu’il se retire pour s’asseoir au banc à côté, tu sais qu’il est avec toi.
Il est autant passionné du café fort que tu l’es pour le chocolat chaud. Il peut préparer ton chocolat, mais tu ne peux pas préparer son café intense.
Il insiste, au début de l’hiver, que tu t’achètes le plus épais, le plus solide manteau protégeant de tous les vents et de tous les froids.
Il ne t’offre pas souvent des bijoux, mais la lingerie que ses cadeaux représentent est un vrai chef d’œuvre de la dentelle fantaisiste.
Il peut t’apprendre des recettes des gâteaux délectables et il les prépare seul.
En fin de compte, il est celui qui t’amène vers les bonnes et les grandes décisions. Ton permis de conduire et ton visa américain font part de ces décisions.
Maintenant, essaye de te rappeler ce que tu représentes pour lui. Tu seras émerveillée par un tas de choses réalisées pour lui. Tu as rarement pensé à ce point de vue détourné. Il est temps de le faire pour te persuader que vous les deux, vous avez le même sens pour faire triompher cette vie ensemble.