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2010/12/01

La plus belle décoration de l’hiver


Je me suis arrêtée soudain sur le sentier enneigé. Les pins et les sapins se dressaient près de moi. Durant quelques instants, je contemplais leurs cimes pointues et fières. Elles dominaient l’espace, mais un bout du ciel intensément bleu se détachait au centre de ma vision. C’était apparemment ça la plus belle décoration de Noël et de l’hiver – les conifères vivantes, au milieu de la neige, parées gracieusement de frêles flocons blancs.
Puis, le ciel s’éclaircit encore plus. Un rayon du soleil aurait pénétré certains des flocons reposant sur la branche du pin haut devant moi. A l’endroit où la lumière céleste plongeait dans la neige, une goutte scintillante et cristalline apparut. Cette goutte ne se détachait pas facilement du pin. Elle miroitait au soleil et décorait l’arbre. Pourrait – il avoir des boules plus splendides, pour décorer un sapin, que les flocons – gouttes éclatant lors de la caresse lumineuse ?

2010/10/18

Encore une rencontre avec le héron




Le héron

Premièrement, on était content d’avoir pu le distinguer – son plumage gris était identique aux pierres de la muraille grise bordant le canal. Le héron aurait soigneusement choisi ce camouflage tranquille de l’endroit lui ressemblant tant en couleurs.


Il fallait vraiment se fixer continuellement en sa direction pour discerner les formes de l’oiseau.
Après la joie de la première découverte, on demeurait silencieux.

Le héron était silencieux et presque immobile lui aussi. Cette immobilité étonnait avec la force de sa persistance. Méditait – il comme certains autres oiseaux ou telle n’était que l’illusion humaine?
L’oiseau restait tourné vers le petit barrage d’où l’eau descendait énergiquement en masses galopantes. Pouvait – il saisir les sons chantants ou bien se contentait – il de voir cette eau se mouvoir et se moduler continuellement?

Après, je me suis demandée si ce héron n’était pas blessé ? Pouvait – il voler? Pourquoi était – il seul là ? Etait – il normal pour son espèce de rester en solitaire? Etait – il au guet de son dîner que l’eau ou l’air allaient lui offrir? Ne s’envolerait – il pas vers des pays plus chauds, car l’automne se manifestait de plus en plus?
Mais évidemment toutes ces questions n’appartenaient qu’à l’humain, sans que le héron en soit concerné dans sa méditation immuable.

Et puis, avec la tombée de la nuit, le héron a remué ses ailes. Il les a déployées largement au-dessus des pierres et s’est librement envolé peu avant l’arrivée de la nuit…Loin de nous…En nous abandonnant à nos questionnements…Seul le souvenir de son œil mystérieux demeurait comme une trace persistante. Et cette trace, toujours en nous…

2010/09/21

La révélation de la mouette

J’étais sous l’emprise de la lecture de mon livre.

Du coup, j’ai dévié mon regard de la page et j’ai aperçu la mouette près de mon banc.

Elle aurait dû se placer paisiblement là quelques minutes avant sans que je l’aie aperçue. Je voyais comment le souffle de la brise se glissait légèrement sur son pelage duveteux.

La mouette restait concentrée et immobile dans sa contemplation. Elle n’éprouvait apparemment aucune peur de ma présence. Elle avait choisi de se placer à cet endroit, près du banc, près d’un être humain. Je me suis demandée si cette mouette n’était pas dans son état de méditation particulière. Les animaux et les oiseaux auraient certainement leurs moments de calme profonde et immuable. Les postures qu’ils prenaient lors de ces moments particuliers étaient impressionnantes ; ils paraissaient inatteignables dans leur percée d’un au-delà invisible, insaisissable pour l’œil humain.
J’ai posé une question mentale, adressée comme par blague à la mouette : « Est – ce ton moment de méditation et de réflexion, petite mouette blanche ? ». Par miracle, l’oiseau m’a répondu en changeant sa posture - se mettant sur une patte, soulevant l’autre dans l’air.


La grâce était telle que les larmes jaillirent de mes yeux. Qui est-ce qui connaît en fait la vérité sur la vie, la vie de tous les êtres vivants.. ? Est – cette vie un mystère ou une évidence ? Une évidence que la mouette venait de me révéler autour du banc…

2010/07/21

Les maisons de bouteilles de L'Ile-de-Prince-Edouard

Un Acadien, Edouard Arsenault a construit trois maisons extraordinaires en utilisant des bouteilles et du ciment. Ces trois œuvres sont créées dans les années 70, 80 et 90. Collectionneur passionné des bouteilles du monde entier, cet homme a comme si visionné le futur et l’importance de montrer que le verre usé peut avoir « une deuxième vie », plus encore – une belle vie de transformation.



La Maison à six pigeons




La Taverne


Ici il y a un bar improvisé. Attention, les bouteilles qui y résident ne sont pas ancrées dans le ciment. On peut les toucher, soulever et même déplacer- attestation que cet endroit est bien vivant. Evidement, une précaution absolue s’impose


La Chapelle


L’endroit est impressionnant lors du coucher du soleil; à cet heure – là, les rayons déversent leur lumière sur les verres ou « les vitraux »


Les bancs de communion sont construits avec des lampions des veilleuses de l’église






Edouard Arsenault était non seulement un collectionneur des bouteilles et un travailleur acharné mais aussi un vrai jardinier aimant sa terre et les dons de cette dernière




Un chasseur du vent / « wind catcher » accroché à un arbre


Un phare décore le jardin ainsi que d’autres phares pareils se dressent comme des vigiles fiers partout dans les jardins des maisons voisines. Ces phares composent certainement une part considérable de l’identité des habitants de l’île





www.maisonsdebouteilles.com

Paysages de North Cape de Prince Edward Island




Le littoral n’est pas partout et en tout temps accessible sur cette île. Dès notre arrivée à North Cape, nous faisons face aux grands panneaux expliquant qu’il faut faire attention aux marrées hautes et aux marrées basses. Durant la marrée basse, l’eau se retire du bord et on peut se promener sur le récif rocheux dont la longueur atteint 2 km. Pourtant, lors de la marrée haute, l’eau devient dangereuse ; son afflux peut s’avérer fatal pour des bateaux passant dans les parages.
Les panneaux informent sur l’érosion que les rochers subissent ici. La glace hivernale est l’unique moyen protégeant partiellement la côte de cette érosion. Malheureusement, depuis les changement climatiques (des températures plus élevées et une augmentation du niveau de la mer), les scientifiques de la région sont alertés, car l’érosion devient de plus en plus flagrante.
Et du coup, je réalise que tout ce qui paraît beau pour l’œil humain est dû aux phénomènes naturels et qu’il faut respecter les cycles de vie naturels.
Après l’euphorie primaire sur les plages de l’île, je réfléchis sur les oiseaux migrants qui s’en servent de cet endroit crucial pour orienter leurs vols, leurs déplacements et pour assurer leur progéniture.


C’est encore à nous, les humains, de considérer le fait que nos actions et nos choix influencent la vie et la biodiversité dans les océans et sur nos bords.

Les phoques n’hésitent pas à nous saluer avec leurs museaux au dessus de l’eau.

2010/06/30

Le renardeau

Le renardeau s’était approché pour observer la nage animée des carpes dans le lac. Les humains étaient aussi à la quête de ces carpes. Du coup, quelqu’un s’exclama ravi et stupéfait de l’apparition du renardeau. L’animal s’échappa en s’éclipsant dans sa forêt. Les humains ne maîtrisaient pas l’art de la contemplation paisible et immuable. Les humains ne savaient pas apprécier l’instant. Hélas!

L'envol au-dessus la douleur

La mouette se promenait sur ses pattes fragiles en marquant des pas hésitants sur le sentier du jardin. Elle avait certainement une patte blessée, car elle semblait boiter. Je suivais de distance son itinéraire de l’un à l’autre bout du jardin. Je me disais que cela n’aurait pas être facile de survivre pour un oiseau blessé. Je me suis forcée à déplacer mon regard et de le diriger dans un autre sens, moins douloureux. Quelques instants après, la même mouette s’envolait au – dessus de moi. Elle reprenait son envol. Ces ailes étaient sauves. J’étais contente pour cet oiseau – même si sa marche était difficile, son envol demeurait toujours majestueux. Etait-il pénible à supporter la vue d’une mouette blessée ou la vraie peur était due à ma conscience que la vie même était vulnérable? Etais – je heureuse pour l’oiseau ou j’étais simplement soulagée d’assister à la preuve que l’envol triomphait la douleur?

2010/06/05

Les abeilles et les humains adulent différemment la nature

Les abeilles conçoivent la vie des fleurs, des fruits, des grains



Les humains se laissent simplement enivrer par la beauté pénétrante des arômes

Les plantes et leurs fruits qui donnent goût à nos papilles et à nos vies

Savez – vous que la mangue contient une réserve considérable des puissants vitamines A et C. Donc, n’hésitez pas de la consommer. Faites juste attention à sa peau causant parfois des allergies.

Savez – vous que les bananes sont cueillies vertes même dans leurs pays d’origine. On les laisse mûrir après. Ne vous inquiétez pas si certaines des bananes que vous achetez sont vertes. Laissez leur le temps de mûrir dans une jolie fruitière.



Savez – vous qu’on utilise le seigle pour donner une note aromatique à l’whisky canadien ? Cette plante généreuse nous offre non seulement des galettes délicieuses et des pains succulents, mais elle a le pouvoir d’enrichir le sol sur lequel elle pousse.

Savez – vous que les plantes, appelées «oléagineuses» fournissent de différentes huiles naturelles ? Et les plantes appelées «condimentaires» rehaussent les saveurs et les goûts des plats ?

Savez – vous que le muguet est toxique s’il est ingurgité? Satisfissez – vous donc de le contempler.


Ce sont les feuilles de l’aloe qui ont des pouvoirs cicatrisants, anti – inflammatoires et antiseptiques.

Les feuilles de l’ortie, préparées en infusion, renforcent le sang et le système immunitaire ainsi que le système urinaire ; elles sont aussi bénéfiques pour la prostate.

Savez – vous que le café provient d’une plante avec des fleurs blanches dont la fragrance rappelle celle du jasmin. Ses fleurs se transforment en petits fruits rouges. C’est à peine après qu’on obtient ses grains, devenus indispensables pour notre quotidien.


Savez – vous que la plante qui renferme les précieux grains du cacao a une telle apparence ?


Savez – vous que la vanille provient d’une plante de la famille des orchidées ? Les colibris et les abeilles assuraient sa pollinisation. Avec le safran, la vanille a longtemps été l’épice la plus appréciée et coûteuse au monde. L’obtention de la feuille aromatisée nécessitait un dur travail manuel, composé de plusieurs diverses étapes durant 19 mois.


Savez – vous que les bâtonnets de cannelle représentent des particules de l’écorce de son arbre ?

2010/05/24

Les conséquences fatales des déchets humains

La première fois quand j’ai passé près de ce coin de la rue, les sacs noirs des déchets humains étaient entassés près de l’immeuble en attente du camion vert, censé les récupérer le lendemain. C’était avant le coucher du soleil et un écureuil s’était faufilé près d’un sac plastic ; l’animal y avait percé un trou et grignoté vivement une trouvaille. Le jour suivant, lors de mon passage près du même endroit, les déchets étaient enlevés, mais sur l’asphalte, j’ai distingué le corps inanimé de l’écureuil. J’ai supposé que c’était l’écureuil aperçu le jour précédent. S’était – il empoisonné ou étouffé suite à un débris englouti des poubelles humaines ou... ? Je me suis dépêchée de dépasser cet endroit difficile à regarder, enlaidi par le corps consumé du petit animal - cet animal qui faisait tellement confiance aux humains et approchait sans hésitations nos rues cimentées. Cet animal était péri à cause et près de nos déchets.
En me forçant de ne plus regarder dans sa triste direction, je n’ai pas pu échapper aux questionnements intérieurs si les écureuils vivaient en familles, s’ils s’attachaient aux autres écureuils…Cet écureuil, mort à cause d’un fatal déchet humain, avait –il des petits qui l’attendaient quelque part, au creux d’un arbre peut – être… ?