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2010/08/23

Le bonheur et les trèfles à quatre feuilles


N’avez – vous pas l’impression que les trèfles à quatre feuilles se dévoilent elles – mêmes à nos yeux. Ce n’est pas quand on les cherche avec acharnement qu’on les trouve. Il faut désirer les voir et puis, c’est à elles de tomber sous nos yeux une belle journée lors de la promenade.
Le bonheur est toujours au rendez-vous. Il faut juste l’apprivoiser.

2010/07/21

Un ultime coucher du soleil sur Prince Edward Island

On peut plonger dans la beauté de la lumière…On peut plonger dans l’immensité et y demeurer grâce à ces yeux…L’âme sera là, au milieu de cette lumière…

2010/04/04

La lumière audacieuse – une sensation vivante


Se réveiller tôt dimanche matin; se réveiller avant le réveil des autres de la maisonnée. Savourer l’air frais du printemps fleurissant. Ouvrir grandement la fenêtre de la terrasse ; se laisser enivrer par la fraîcheur pénétrante, par la pureté cristalline. S’asseoir sur le divan en face de la terrasse. Plonger dans la lumière rayonnante et atteignant l’intérieur. Et puis, rester quelques instants centrée sur les rayons qui plongent audacieusement dans l’eau du vase des œillets. La magie de la vie est réelle et complète. Car la sensation vivante est là.

2010/01/11

Tout en patinant...

La sensation de plénitude peut survenir lors du patinage. On est en mouvement ; on se déplace sur la glace en permanence, on fait des tours et des tours de la piste – pareils aux petits envols offrant la sensation de légèreté et de liberté. On s’unifie avec l’air frais, avec le scintillement de la blancheur, avec le souffle du vent, avec la mélodie de notre propre corps. On s’entraîne dans une danse intensive. On est dans le temps et, paradoxalement, hors de lui : le temps s’efface comme pesanteur. Le temps se transforme en joyeuse continuité des mouvements précis et vitaux. On peut patiner longtemps comme dans une méditation où le corps et l’esprit comblent l’ensemble parfait.
Quand soudain, la neige commence à rappeler d’elle, parsemant l’air des flocons graciles, on aperçoit l’être aimé à l’autre bout de la piste et on s’élance pour l’embrasser avec toute sa chaleur intérieure – tout en patinant…

2009/11/09

Ce qu'il y aura toujours...

Pendant les jours froids, il y a pourtant de la lumière, il y a des oiseaux.
La lumière est toujours là, surtout les matins. Elle est frêle, tressaillante, mais présente. Elle atteigne la fenêtre et se faufile près du bureau où j’écris.
Les oiseaux, presque gaillards, n’ont pas peur du froid. Ils savent que la lumière sera leur complice fidèle. Elle le demeurera à travers les saisons, à travers les vents, à travers les souffles…

2009/10/31

Rentrer à la maison

La pluie retentit encore sur le trottoir avec des gouttes chantantes. Le papa est allé chercher son petit garçon de l’école. La soirée est pluvieuse, mais joyeuse. Le papa et l’enfant se tiennent la main dans la main. Le papa siffle gaiement une mélodie tout en marchant, tout en tenant son fils. Le garçon regarde son père siffler la mélodie, il écoute et sourit. C’est son papa à lui ! Les deux sont heureux de rentrer à la maison sous les gouttes de la pluie joyeuse.

2009/10/20

Celle qui danse sinueusement

La lumière matinale transperce les feuilles de l’arbre en face de la fenêtre. Les rayons se glissent jusqu’aux pages de mon livre. La lumière tressaillit là, s’arrête et repart de nouveau. C’est le souffle du vent qui la fait danser lentement et sinueusement près de moi.

2009/08/31

Cake aux cerises pour le dîner

Elle a décidé de préparer un cake avec les dernières cerises de la saison. Pour les dénoyauter, elle a mis des gants du nylon. Et elle s’est mise au travail. Puis, du coup, elle a enlevé son gant droit, après le gant gauche. Elle a touché à la chair fraîche des cerises, à leur jus écarlate et ruisselant. Elle a vu le jus fruitier colorer ses doigts et ruisseler vers ses paumes, puis suivre vers ses bras. Elle l’a laissé se faufiler là et dessiner ses traces tout en continuant de dénoyauter le reste des cerises. Elle a pensé que c’était cela l’un des vrais bonheurs : laisser ses mains sentir et prendre les couleurs des cerises, des fruits, de l’abondance de la terre. Comme à l’époque de son enfance : quand elle mangeait joyeusement les morceaux des pastèques sans se soucier des ruisseaux succulents s’insinuant sur son menton, son cou, sa robe de petite fille. A cette époque, elle savait qu’elle pouvait plonger dans un bain d’eau chauffée au soleil. Cette eau et ce soleil n’attendaient qu’elle et faisaient part des délices estivaux.
Maintenant, elle dénoyautait les cerises pour son cake avec des mains nues. Elle était heureuse comme dans son enfance. Le cake allait être prêt pour le dîner et le thé élégant avec les invités. Elle avait de quoi justifier les traces imminentes sur ses mains soignées.

2009/07/19

Deux ailes tatouées

Deux ailes, rappelant celles des anges, tatouées sur le dos d’une jeune fille osant une robe provocante dans cette saison estivale.

2009/07/06

Les fontaines chantantes

Se promener à l’heure de crépuscule une soirée estivale. Passer près de la fontaine avec l’eau jaillissante, la fontaine couronnée par la sculpture des deux petits anges se disputant la plume d’un cygne. On passe souvent par cet endroit, mais pour la première fois, on s’y rend à l’heure de crépuscule et on s’aperçoit aux détails des anges sculptés. On s’aperçoit pour la première fois que le soir, les fontaines et leurs jets d’eau sont éclairés ainsi ; leur intérieur devient diaphane mais aussi étrangement transparent. La fine lumière bordant la fontaine fait des jets des dentelles scintillantes et glissantes, ou encore des toboggans échappant même aux deux petits anges. Les anges gardent pourtant leur plume de cygne.
…
Quand j’étais petite et quand j’allais en vacances chez ma grand - mère maternelle, nous passions les longs soirs d’été près des fontaines du centre – ville. C’était un parc, qui à l’époque, me paraissait immense et qui abritait ces fontaines fantaisistes. Dans mes yeux, les fontaines étaient aussi géantes. Les gens les appelaient « les fontaines chantantes », car à l’heure de la tombée de la nuit, elles jaillissaient de plus en plus haut et de plus en plus fort, en dessinant de belles et d’étranges formes dans l’espace au - dessus. Leur eau était baignée par une lumière colorée : rose, dorée, turquoise, mauve, argentée. Oui, c’étaient les lumières qui habillaient les jets et qui taillaient leurs silhouettes mouvementées. Avec le jaillissement des jets lumineux, il y avait aussi des mélodies qui se répandaient dans l’espace. Ces mélodies suivaient le rythme de l’eau et de ses lumières. Les jets se dressaient en haut, très en haut dans le ciel crépusculaire. Les mélodies les aider à dessiner les formes fascinantes. Ils sont demeurés les jets des fontaines chantantes de mon enfance.
…
Les anges seront toujours en possession de cette plume du cygne envolé de la fontaine de mon quartier maintenant.

2009/06/11

Vert soyeux et noir scintillant

La vitrine de la boutique antiquaire raconte une histoire de soie verte, des meubles résistés aux époques, des chats photographiés autrefois en noir et blanc. Et du coup, à mon passage près de la vitrine, j’aperçois un vrai chat noir, allongé sous l’un des fauteuils imposants. Oui, le chat est vrai, vivant et respirant. Il demeure au sol et se croit à l’abri des regards curieux des visiteurs. Ce devrait être le chat du propriétaire de la boutique. Son pelage du noir scintillant fait paraître le velours vert de la tapisserie et la soie verdoyante des rideaux encore plus intenses. Ce chat a – t – il reconnu les chats des vieux portraits accrochés à quelques pas de lui? Et ce décor, même vu de l’extérieur, n’évoque- t – il pas le décor d’une pièce théâtrale: plus précisément, le moment après le spectacle; le moment quand les acteurs sont déjà partis, mais l’esprit de l’histoire déjouée remplit encore l’espace alentour ? Contemplant ainsi les détails présents, on se demande qui ont été les varis maîtres de cette scène de maison ; qui s’est reposé dans le creux du velours vert, qui a aimé ces chats, nous fixant des images. Et finalement, qu’est – ce qui a incité le vrai chat noir à se poser là, à chercher un abri près des meubles vides, décorant la vitrine antiquaire ? Ou bien, cette exquise ne serait qu’une histoire de plus, garnie abandonnement du vert soyeux, percée du noir scintillant…Tout cela pour prouver que la vie se poursuit malgré l’ancienneté. Il y aura toujours un chat vivant qui saura voir là où les humains ne peuvent pas...

2009/06/08

Le chant matinal des oiseaux

Demeurer bercé par le chant des oiseaux. Leurs voix sont cristallines tôt, à l’arrivée de l’aube et des premiers rayons. On se lève doucement, on soulève le rideau, on s’efforce de les trouver du regard. On cherche ces oiseaux dans le vert éclatant des arbres en face, mais on ne peut pas saisir leurs silhouettes fines. Les oiseaux sont presque invisibles ou le sommeil fait encore lourdes nos paupières. On regarde l’horloge et on se dit qu’on va profiter de la gracieuseté du temps et retourner quelques instants dans la douceur du lit. Dès qu’on se recouche et dès qu’on s’écarte des pensées quotidiennes, on réentend le chant matinal des oiseaux. On reste ainsi : allongé, couvert, calme et plongé dans leurs mélodies. Les oiseaux sont dans les arbres et encore invisibles, mais leurs voix sont saisissant et cela suffit de s’endormir pour regagner la lumière un peu après.